vendredi 30 octobre 2026

"The clearing" de J. P. Pomare

 


Éditions Mera

Juillet 2026

365 pages (édition poche)

9.99 €


Résumé :

Amy, 13 ans, ne connaît que la vie dans la Famille. Elle sait ce qu’on attend d’elle. Elle sait comment contenter ses aînés et s’assurer de la bonne marche de la communauté. Jusqu’au jour où une fillette rejoint le groupe. Elle ne trouve pas sa place et cherche constamment à s’enfuir. Ce qui se passera ensuite bouleversera profondément la vie telle qu’Amy la connaît. Freya déploie beaucoup d’efforts pour paraître « normale » aux yeux de la société. À la voir vaquer à ses occupations avec son petit garçon, Bily, on pourrait la prendre pour une mère ordinaire. Un jour, une petite fille des environs disparaît et un homme qu’elle n’a pas vu depuis longtemps fait irruption dans sa vie. À mesure que le passé refait surface, la petite ville se retrouve confrontée à de sombres secrets qui détruiront tout sur leur passage.


Mon avis :

Je remercie les éditions Méra pour cet envoi !

Auteur découvert en début d'année que j'avais beaucoup apprécié, j'étais curieuse de découvrir son précédent roman. Et j'ai une nouvelle fois passé un excellent moment.

Ce roman va nous faire découvrir deux histoires en parallèle : celle d'Amy, jeune adolescente qui grandit dans une secte, où des enfants évoluent dans une ambiance autoritaire. Lorsqu'elle participe au kidnapping d'une petite fille, elle se met à douter. D'un autre côté, nous suivons Freya qui vit seule avec son fils, qu'elle protège de manière excessive, qui semble cacher un passé sombre et douloureux. 

Tout au long de ma lecture, j'ai élaboré des théories (dont une pour laquelle j'avais vu juste). On suit ces deux destins et au fil des chapitres, des secrets sont dévoilés. L'auteur a bien élaboré son histoire, que j'ai trouvée glaçante, encore plus quand on sait que c'est inspiré d'une histoire vraie ! Il arrive avec une écriture immersive à nous plonger dans l'ambiance si particulière de cette communauté qui vit en autarcie. Une communauté aux règles très strictes, et si l'un des enfants désobéit, il subit des châtiments qui font froid dans le dos. Idem avec le personnage de Freya qui est bien mystérieuse et qu'on a du mal à cerner. On sent qu'elle les protège, elle et son fils, mais on ignore réellement de quoi, ou de qui. L'auteur arrive à maintenir cette tension, ce sentiment de malaise oppressant avec beaucoup de brio, sans jamais essouffler son récit.

Un roman qui m'a vraiment fait passer un excellent moment, et un auteur que je continuerai de suivre. Si vous cherchez un roman avec la thématique de la secte, je vous conseille celui-ci !

jeudi 15 octobre 2026

"Un goût de cannelle et d'espoir" de Sarah Mc Coy

 


Éditions Pocket

Novembre 2017

491 pages

9€


Résumé :

Allemagne, 1944. Malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l'armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d'insouciance. Jusqu'à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps…
Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams passe devant la vitrine d'une pâtisserie allemande, celle d'Elsie…
Et le reportage qu'elle prépare n'est rien en comparaison de la leçon de vie qu'elle s'apprête à recevoir.


Mon avis :

J'ai ce livre dans ma PAL depuis une éternité, et c'est ce style de lecture, une fois terminée, on se dit mais pourquoi je ne l'ai pas lu avant… Ce roman a été aussi beau, porteur d'espoir que déchirant.

J'ai adoré cette double temporalité que l'on a et qui nous fait découvrir Elsie, cette Allemande à différents âges de sa vie. En 1944, alors qu'elle n'est qu'une adolescente qui survit dans ce pays en guerre, et vieille dame au Texas, à la frontière mexicaine, gérante d'une pâtisserie (oui vous aurez envie de gâteaux tout au long de votre lecture !). De la jeune femme combative et courageuse qu'elle était à la femme résiliente et volontaire qu'elle est devenue. Son personnage a été tellement charismatique pour moi qu'il en a occulté l'histoire de Reba à El Paso.

J'ai tellement aimé que, pour une fois, on nous montre la guerre sous le point de vue des Allemands, comment eux aussi ont souffert de la guerre, et que non, ils n'étaient pas tous d'accord avec ce qu'il se passait et le régime en place. Avec ce roman, on ressent toute cette souffrance face à l'ignominie, certes on a les bons et les méchants, mais on a surtout des hommes et des femmes pris en tenaille entre leur devoir et leur conviction, qui face à la désobéissance risquaient la mort. C'est un roman qui apporte un regard nouveau sur des idées parfois préconçues que l'on peut avoir.

Une histoire qui m'a pris aux tripes et au cœur, qui ne m'a pas laissée indifférente, la vie d'Elsie aura su marquer mon cœur.

mercredi 7 octobre 2026

"Hurlements" de Alexis Laipsker

 


Éditions Pocket

Mars 2024

432 pages

8.60 €


Résumé :

"J'ai enlevé 5 femmes, commissaire. Je les fais souffrir. Lentement. Avec une savante cruauté. Ce n'est que le début."
C'est le défi que reçoit le commissaire Venturi, le Cow-boy, le flic le plus célèbre de France.
La dernière victime, sauvée de peu, n'est autre qu'Olivia Montalbert, la jeune criminologue avec qui le vieux briscard fait équipe.
De son côté, le lieutenant Julien Dastray découvre une femme affreusement mutilée sur la scène d'un théâtre abandonné. Il se jette dans une traque infernale. Mais pour quelle raison ce flic solitaire se trouvait-il sur les lieux ? Le monstre n'a-t-il pas tout prévu ? Depuis le début…


Mon avis :

Après avoir adoré les poupées, j'ai retrouvé avec plaisir Venturi, ce flic borderline aux méthodes parfois limites et son acolyte Olivia Montalbert, psy qui tente de tant bien que mal de le canaliser !

Une nouvelle fois, Alexis Laispker ne laisse pas le temps au lecteur de s'imprégner de l'histoire, on est directement plongé dans le vif du sujet et dans l'horreur. Avec sa plume toujours méthodiquement efficace, nous sommes pris dans cette enquête menée à un rythme effréné où les pistes conduisent parfois à des impasses, des détours, et jouent avec les nerfs de nos enquêteurs. D'autant plus qu'en ayant pris Olivia Montalbert pour cible, le tueur a titillé notre cher Venturi, lui-même sur la sellette avec ses supérieurs. Puis avec ce duo diamétralement opposé, on retrouve également beaucoup d'humour et c'est quelque chose que je trouve appréciable, ce qui contraste bien avec la noirceur ambiante. 

J'ai été complètement embarquée comme c'est toujours le cas avec cet auteur, j'ai adoré l'enquête, la manière dont Alexis Laipsker joue avec nos perceptions et nos certitudes pour mieux nous embrouiller et nous surprendre à la fin ! 

J'ai déjà hâte de découvrir la prochaine enquête qui réunira ce duo improbable.

mercredi 23 septembre 2026

"Délivrez-nous du mal" de Johannes Selaker

 


Éditions Mera

Juillet 2026

456 pages

9.99 €


Résumé :

Une adolescente tout juste échappée d'une secte se donne la mort en direct sur les réseaux sociaux. Les images choquent, puis se noient dans le flot continu de l'actualité. Pour la plupart, l'affaire est close. Mais pour Selma Halilovic, journaliste free-lance fragilisée par ses propres échecs, cette mort résonne comme un appel impossible à ignorer. Peu après, la région d'Umea est secouée par une série de sabotages. Présentés comme des actes isolés, ils prennent rapidement une dimension inquiétante. Chargée de couvrir ces faits divers, Selma sent que quelque chose lui échappe. Derrière la violence, elle perçoit une colère sourde, des liens invisibles qui relient ces actes de rébellion à la secte. À mesure que l'enquête avance, la journaliste s'enfonce dans un univers où la manipulation est partout, où la vérité se dérobe, et où chaque révélation fragilise un peu plus ceux qui la cherchent. Les certitudes s'effondrent, et la frontière entre victimes et bourreaux devient dangereusement floue. Dans une course entre la silence et l'oubli, Selma comprend que dévoiler la vérité a un prix, parfois insoutenable.


Mon avis :

Je remercie les éditions Mera pour cet envoi.

Le roman donne le ton dès les premières pages avec le suicide en direct sur Instagram d'une jeune fille. Puis on repart quelques jours en arrière pour comprendre comment et pourquoi elle en est arrivée là, et l'auteur va nous embarquer dans une histoire faite de machinations et de faux semblants.

Grâce à l'alternance des points de vue, l'auteur nous permet d'avoir l'histoire sous tous les angles. À la fois au cœur de ce que vit Maja, cette adolescente qui a échappé à la secte religieuse liberticide dans laquelle elle est élevée et se retrouve dans un groupe où elle doit se faire sa place. Puis grâce à Selma, cette journaliste qui enquête sur une série de sabotages qui sévit dans la région et qui cherche à faire le lien entre différentes affaires. 

J'ai trouvé l'enquête bien imaginée par l'auteur, elle a rendu ma lecture plaisante avec cette atmosphère que l'on ressent très pesante au fil des pages. Cet univers sectaire est oppressant et inquiétant, et c'est quelque chose que je retrouve assez peu dans mes lectures. Cependant, j'ai eu beaucoup plus de mal à m'attacher aux personnages. Maja, cette adolescente éprise de liberté alors qu'elle a grandi dans une secte qui la prive de tout libre arbitre. Elle pense qu'elle a échappé au pire, mais elle va tomber sur une personne qui risque d'avoir encore plus d'emprise.
Selma, j'avais l'impression d'avoir loupé un épisode la concernant, comme si je n'avais pas lu le roman précédent et c'était assez déconcertant. Je n'avais pas toutes les cartes en main pour la comprendre, ses réactions ne me semblaient pas cohérentes et je n'ai à aucun moment su m'attacher à elle. 

Une bonne lecture, une enquête prenante, avec malgré tout des choses qui m'ont moins convaincue. Un roman que je recommande à ceux qui apprécient les ambiances des polars nordiques. 


mercredi 2 septembre 2026

"Mör" de Johanna Gustawsson

 


Éditions Le livre de poche

Octobre 2025

395 pages

9.40€


Résumé :

Torvsjön, 16 juillet 2025. Sur les rives d'un lac, on découvre le cadavre dépecé d'une femme. Ses seins, ses fesses, ses cuisses et ses hanches ont été amputées.
Londres, le lendemain matin. La profileuse Emily Roy est appelée sur les lieux d'une disparition inquiétante : l'actrice Julianne Bell a été enlevée à l'aube et ses chaussures retrouvées à proximité de chez elle, emballées dans un sac de congélation. Ces deux crimes portent la signature de Richard Hemfield, le « tueur de Tower Hamlets », enfermé à perpétuité à l'hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor. Dix ans plus tôt, il a été reconnu coupable du meurtre de six femmes et de celui de l'ancien compagnon de l'écrivaine Alexis Castells. Comment alors expliquer que l'horreur recommence ?


Mon avis :

Après avoir adoré Block 46 en début d'année, j'avais hâte de retrouver les deux héroïnes Alexis et Emily.

Comme dans son précédent opus, l'autrice nous embarque dès les premières pages dans une enquête labyrinthique qui mêlent les lieux et les époques. Un récit glauque qui plonge le lecteur dans la noirceur la plus totale, dans les travers les plus sombres de l'être humain.

Emily et Alexis avancent dans ce tome avec leurs fêlures, les cicatrices de leur passé, des héroïnes blessées qui tentent malgré tout d'avancer dans l'adversité. Tout comme les autres femmes de ce roman à qui Johanna fait la part belle. Ce sont des femmes avec chacune un petit quelque chose qui les rend singulières, mais cela les représente encore plus fortes et armées face à ces hommes qui se pensent supérieurs. 

Cette enquête nous emmène cette fois-ci dans le Londres de la fin du 19e siècle où un certain tueur en série sème la panique dans les rues sombres de Whitechapel et encore une fois, j'ai adoré découvrir cette double temporalité et voir les pièces du puzzle démoniaque s'imbriquer. L'autrice n'épargne pas grand chose au lecteur avec cette histoire glauque et dérangeante au possible. Elle aborde des thématiques qui dépassent les limites du soutenable, mais elle le fait avec une plume magistralement maîtrisée, percutante, et tout est dans la suggestion, mais ça suffit à ce que l'imagination fasse le reste. Elle choque sans trop en faire, là est tout son talent, jusqu'à la fin que je n'ai encore une fois pas vu venir.

Du très bon thriller avec cette autrice que je continuerai à découvrir, que je conseille toutefois à ceux qui ont l'habitude d'en lire car les thématiques abordées peuvent être choquantes…

mercredi 26 août 2026

"The lonely man" de Noémie Dani

 


Auto-édition

Août 2026

350 pages

5.99€ (ebook)


Résumé :

Cole Ridge a fui sa vie après un accident qui l’a brisé. Ancien pompier rongé par la culpabilité, il se terre dans un ranch au fin fond du Montana, persuadé que l’isolement et la distance suffiront à le faire avancer. L’arrivée de Charlie, elle aussi marquée par ses propres cicatrices, vient bousculer sa routine solitaire. Derrière son sourire et son caractère affirmé, la jeune femme cache ses fantômes. Entre eux, les répliques claquent autant que les silences, et chaque rencontre éveille des sensations dont ils ne se pensaient plus capables.
Alors que le passé menace de ressurgir, un seul choix s’impose : fuir encore ou enfin vivre ?


Mon avis :

Je remercie Noémie pour sa confiance pour ce partenariat.

Une nouvelle histoire de cow-boy ? Absolument pas. Oui cette histoire nous plonge dans un ranch au cœur du Montana avec certains codes de la cow-boy romance, mais on découvre surtout deux personnages blessés, qui m'ont profondément touchée. Et je peux vous assurer qu'on rêve toute d'avoir un Cole dans sa vie.

Charlie retourne chez son oncle, dans le ranch où elle a passé ses étés afin de prendre du recul, se reconstruire après avoir vécu certaines choses difficiles. Elle retrouve des personnes qu'elle aime profondément, une found family qui l'aide à panser ses blessures et à retourner à l'essentiel. J'ai aimé cette jeune femme pleine de bienveillance pour les autres, solaire et pétillante malgré ce qu'elle a dû  endurer par le passé.
Cole lui s'est refermé dans sa coquille après avoir subi un accident qui l'a marqué à vie. Il s'isole car il pense ainsi qu'il ne blessera plus personne, à commencer par lui-même. Sa rencontre avec Charlie va le bousculer dans ses certitudes.

Leur rencontre, aucun des deux n'y était préparé, ni à ce que ça allait leur procurer ni à ce que ça va leur apporter. Au cœur de ce ranch, ils vont trouver bien plus que l'amour, ils vont trouver l'âme qui est capable de guérir la leur. C'était beau, tendre et ça se fait tout en douceur et en sensibilité. Ils apprennent l'un de l'autre, à vivre avec leur faille, et le plus important, ils comprennent qu'ils doivent se soigner eux-mêmes avant de pouvoir aimer quelqu'un d'autre. 

Noémie par la délicatesse de sa plume arrive à nous faire passer de belles émotions et de jolis messages de reconstruction, elle nous plonge dans ce ranch au Montana que l'on n'a pas envie de quitter une fois qu'on y a mis les pieds. J'ai également adoré tout l'aspect found family qui se dégage du roman et qui nous enveloppe dans un cocon. C'était une magnifique lecture, et je continuerai à manifester pour un spin-off ! 

lundi 24 août 2026

"La femme du médecin" de Fiona Sussman

 


Méra éditions

Juin 2026 (poche)

394 pages

9.99 €


Résumé :

Rien n'avait préparé Stan Andino à ce qu'il allait découvrir. Carmen, sa femme, répand de l'eau de Javel sur la moquette, prisonnière d'un comportement qu'elle ne maîtrise plus. Ce geste déroutant marque le début d'un bouleversement irréversible. Le diagnostic tombe bientôt : une tumeur cérébrale modifie sa personnalité et fragilise l'équilibre déjà précaire de leur famille. Pour tenir, Stan s'appuie sur ses amis de toujours, le médecin Austin Lamb et son épouse, Tibbie, liés au couple par une amitié ancienne faire de confiance et de souvenirs partagés. Mais lorsque Tibbie est retrouvée morte au pied des falaises de Browns Bay, la version de l'accident laisse place au doute. Les incohérences s'accumulent, les récits se contredisent, et la suspicion s'installe. La fragilité mentale de Carmen fait vaciller toutes les certitudes : est-elle simple témoin, victime d'une maladie qui brouille la réalité… ou porteuse d'une vérité plus sombre ? À mesure que l'enquête avance, les masques tombent et la frontière entre loyauté et trahison se trouble, tout comme celle entre maladie et manipulation.


Mon avis :

Je remercie les éditions Méra pour ce partenariat !

Un thriller psychologique plein de faux-semblants, de non-dits, et de manipulation. 

Deux couples diamétralement opposés et pourtant unis par des années d'amitié, mais tout bascule lorsque Carmen, une des épouses tombe malade, et lorsque Tibbie, l'autre femme du quatuor est découverte morte. 

Un thriller entre le psychologique et le domestique vraiment bien mené, porté par une plume addictive et entraînante qui fait que les pages se tournent toute seules. Le rythme est vraiment bon, l'autrice joue avec les rebondissements et les moments où ça s'étire plus en longueur sans que la lecture en pâtisse pour autant. 

Tous les personnages sont loin d'être parfaits, ils ont tous leur part d'ombre ou leur petit secret, et l'alternance des points de vue aide à y voir plus clair dans le jeu de chacun. Ce couple Tibbie et Austin, médecin de la ville, apprécié de tous, qui semble parfait, mais l'argent fait-il vraiment le bonheur ? Et Stan et Carmen, au quotidien plus difficile qui pèse sur le couple, et la maladie de Carmen qui rebat toutes les cartes. Derrière les apparences et les mensonges, qui est vraiment totalement innocent ?

Une bonne lecture qui m'a fait passer un moment vraiment agréable, un thriller accessible car on ne vire jamais dans le sanglant ou le glauque, un roman que je vous conseille si vous voulez passer un moment sans prise de tête !