mercredi 23 septembre 2026

"Délivrez-nous du mal" de Johannes Selaker

 


Éditions Mera

Juillet 2026

456 pages

9.99 €


Résumé :

Une adolescente tout juste échappée d'une secte se donne la mort en direct sur les réseaux sociaux. Les images choquent, puis se noient dans le flot continu de l'actualité. Pour la plupart, l'affaire est close. Mais pour Selma Halilovic, journaliste free-lance fragilisée par ses propres échecs, cette mort résonne comme un appel impossible à ignorer. Peu après, la région d'Umea est secouée par une série de sabotages. Présentés comme des actes isolés, ils prennent rapidement une dimension inquiétante. Chargée de couvrir ces faits divers, Selma sent que quelque chose lui échappe. Derrière la violence, elle perçoit une colère sourde, des liens invisibles qui relient ces actes de rébellion à la secte. À mesure que l'enquête avance, la journaliste s'enfonce dans un univers où la manipulation est partout, où la vérité se dérobe, et où chaque révélation fragilise un peu plus ceux qui la cherchent. Les certitudes s'effondrent, et la frontière entre victimes et bourreaux devient dangereusement floue. Dans une course entre la silence et l'oubli, Selma comprend que dévoiler la vérité a un prix, parfois insoutenable.


Mon avis :

Je remercie les éditions Mera pour cet envoi.

Le roman donne le ton dès les premières pages avec le suicide en direct sur Instagram d'une jeune fille. Puis on repart quelques jours en arrière pour comprendre comment et pourquoi elle en est arrivée là, et l'auteur va nous embarquer dans une histoire faite de machinations et de faux semblants.

Grâce à l'alternance des points de vue, l'auteur nous permet d'avoir l'histoire sous tous les angles. À la fois au cœur de ce que vit Maja, cette adolescente qui a échappé à la secte religieuse liberticide dans laquelle elle est élevée et se retrouve dans un groupe où elle doit se faire sa place. Puis grâce à Selma, cette journaliste qui enquête sur une série de sabotages qui sévit dans la région et qui cherche à faire le lien entre différentes affaires. 

J'ai trouvé l'enquête bien imaginée par l'auteur, elle a rendu ma lecture plaisante avec cette atmosphère que l'on ressent très pesante au fil des pages. Cet univers sectaire est oppressant et inquiétant, et c'est quelque chose que je retrouve assez peu dans mes lectures. Cependant, j'ai eu beaucoup plus de mal à m'attacher aux personnages. Maja, cette adolescente éprise de liberté alors qu'elle a grandi dans une secte qui la prive de tout libre arbitre. Elle pense qu'elle a échappé au pire, mais elle va tomber sur une personne qui risque d'avoir encore plus d'emprise.
Selma, j'avais l'impression d'avoir loupé un épisode la concernant, comme si je n'avais pas lu le roman précédent et c'était assez déconcertant. Je n'avais pas toutes les cartes en main pour la comprendre, ses réactions ne me semblaient pas cohérentes et je n'ai à aucun moment su m'attacher à elle. 

Une bonne lecture, une enquête prenante, avec malgré tout des choses qui m'ont moins convaincue. Un roman que je recommande à ceux qui apprécient les ambiances des polars nordiques. 


mercredi 2 septembre 2026

"Mör" de Johanna Gustawsson

 


Éditions Le livre de poche

Octobre 2025

395 pages

9.40€


Résumé :

Torvsjön, 16 juillet 2025. Sur les rives d'un lac, on découvre le cadavre dépecé d'une femme. Ses seins, ses fesses, ses cuisses et ses hanches ont été amputées.
Londres, le lendemain matin. La profileuse Emily Roy est appelée sur les lieux d'une disparition inquiétante : l'actrice Julianne Bell a été enlevée à l'aube et ses chaussures retrouvées à proximité de chez elle, emballées dans un sac de congélation. Ces deux crimes portent la signature de Richard Hemfield, le « tueur de Tower Hamlets », enfermé à perpétuité à l'hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor. Dix ans plus tôt, il a été reconnu coupable du meurtre de six femmes et de celui de l'ancien compagnon de l'écrivaine Alexis Castells. Comment alors expliquer que l'horreur recommence ?


Mon avis :

Après avoir adoré Block 46 en début d'année, j'avais hâte de retrouver les deux héroïnes Alexis et Emily.

Comme dans son précédent opus, l'autrice nous embarque dès les premières pages dans une enquête labyrinthique qui mêlent les lieux et les époques. Un récit glauque qui plonge le lecteur dans la noirceur la plus totale, dans les travers les plus sombres de l'être humain.

Emily et Alexis avancent dans ce tome avec leurs fêlures, les cicatrices de leur passé, des héroïnes blessées qui tentent malgré tout d'avancer dans l'adversité. Tout comme les autres femmes de ce roman à qui Johanna fait la part belle. Ce sont des femmes avec chacune un petit quelque chose qui les rend singulières, mais cela les représente encore plus fortes et armées face à ces hommes qui se pensent supérieurs. 

Cette enquête nous emmène cette fois-ci dans le Londres de la fin du 19e siècle où un certain tueur en série sème la panique dans les rues sombres de Whitechapel et encore une fois, j'ai adoré découvrir cette double temporalité et voir les pièces du puzzle démoniaque s'imbriquer. L'autrice n'épargne pas grand chose au lecteur avec cette histoire glauque et dérangeante au possible. Elle aborde des thématiques qui dépassent les limites du soutenable, mais elle le fait avec une plume magistralement maîtrisée, percutante, et tout est dans la suggestion, mais ça suffit à ce que l'imagination fasse le reste. Elle choque sans trop en faire, là est tout son talent, jusqu'à la fin que je n'ai encore une fois pas vu venir.

Du très bon thriller avec cette autrice que je continuerai à découvrir, que je conseille toutefois à ceux qui ont l'habitude d'en lire car les thématiques abordées peuvent être choquantes…