mercredi 7 octobre 2026

"Hurlements" de Alexis Laipsker

 


Éditions Pocket

Mars 2024

432 pages

8.60 €


Résumé :

"J'ai enlevé 5 femmes, commissaire. Je les fais souffrir. Lentement. Avec une savante cruauté. Ce n'est que le début."
C'est le défi que reçoit le commissaire Venturi, le Cow-boy, le flic le plus célèbre de France.
La dernière victime, sauvée de peu, n'est autre qu'Olivia Montalbert, la jeune criminologue avec qui le vieux briscard fait équipe.
De son côté, le lieutenant Julien Dastray découvre une femme affreusement mutilée sur la scène d'un théâtre abandonné. Il se jette dans une traque infernale. Mais pour quelle raison ce flic solitaire se trouvait-il sur les lieux ? Le monstre n'a-t-il pas tout prévu ? Depuis le début…


Mon avis :

Après avoir adoré les poupées, j'ai retrouvé avec plaisir Venturi, ce flic borderline aux méthodes parfois limites et son acolyte Olivia Montalbert, psy qui tente de tant bien que mal de le canaliser !

Une nouvelle fois, Alexis Laispker ne laisse pas le temps au lecteur de s'imprégner de l'histoire, on est directement plongé dans le vif du sujet et dans l'horreur. Avec sa plume toujours méthodiquement efficace, nous sommes pris dans cette enquête menée à un rythme effréné où les pistes conduisent parfois à des impasses, des détours, et jouent avec les nerfs de nos enquêteurs. D'autant plus qu'en ayant pris Olivia Montalbert pour cible, le tueur a titillé notre cher Venturi, lui-même sur la sellette avec ses supérieurs. Puis avec ce duo diamétralement opposé, on retrouve également beaucoup d'humour et c'est quelque chose que je trouve appréciable, ce qui contraste bien avec la noirceur ambiante. 

J'ai été complètement embarquée comme c'est toujours le cas avec cet auteur, j'ai adoré l'enquête, la manière dont Alexis Laipsker joue avec nos perceptions et nos certitudes pour mieux nous embrouiller et nous surprendre à la fin ! 

J'ai déjà hâte de découvrir la prochaine enquête qui réunira ce duo improbable.

mercredi 23 septembre 2026

"Délivrez-nous du mal" de Johannes Selaker

 


Éditions Mera

Juillet 2026

456 pages

9.99 €


Résumé :

Une adolescente tout juste échappée d'une secte se donne la mort en direct sur les réseaux sociaux. Les images choquent, puis se noient dans le flot continu de l'actualité. Pour la plupart, l'affaire est close. Mais pour Selma Halilovic, journaliste free-lance fragilisée par ses propres échecs, cette mort résonne comme un appel impossible à ignorer. Peu après, la région d'Umea est secouée par une série de sabotages. Présentés comme des actes isolés, ils prennent rapidement une dimension inquiétante. Chargée de couvrir ces faits divers, Selma sent que quelque chose lui échappe. Derrière la violence, elle perçoit une colère sourde, des liens invisibles qui relient ces actes de rébellion à la secte. À mesure que l'enquête avance, la journaliste s'enfonce dans un univers où la manipulation est partout, où la vérité se dérobe, et où chaque révélation fragilise un peu plus ceux qui la cherchent. Les certitudes s'effondrent, et la frontière entre victimes et bourreaux devient dangereusement floue. Dans une course entre la silence et l'oubli, Selma comprend que dévoiler la vérité a un prix, parfois insoutenable.


Mon avis :

Je remercie les éditions Mera pour cet envoi.

Le roman donne le ton dès les premières pages avec le suicide en direct sur Instagram d'une jeune fille. Puis on repart quelques jours en arrière pour comprendre comment et pourquoi elle en est arrivée là, et l'auteur va nous embarquer dans une histoire faite de machinations et de faux semblants.

Grâce à l'alternance des points de vue, l'auteur nous permet d'avoir l'histoire sous tous les angles. À la fois au cœur de ce que vit Maja, cette adolescente qui a échappé à la secte religieuse liberticide dans laquelle elle est élevée et se retrouve dans un groupe où elle doit se faire sa place. Puis grâce à Selma, cette journaliste qui enquête sur une série de sabotages qui sévit dans la région et qui cherche à faire le lien entre différentes affaires. 

J'ai trouvé l'enquête bien imaginée par l'auteur, elle a rendu ma lecture plaisante avec cette atmosphère que l'on ressent très pesante au fil des pages. Cet univers sectaire est oppressant et inquiétant, et c'est quelque chose que je retrouve assez peu dans mes lectures. Cependant, j'ai eu beaucoup plus de mal à m'attacher aux personnages. Maja, cette adolescente éprise de liberté alors qu'elle a grandi dans une secte qui la prive de tout libre arbitre. Elle pense qu'elle a échappé au pire, mais elle va tomber sur une personne qui risque d'avoir encore plus d'emprise.
Selma, j'avais l'impression d'avoir loupé un épisode la concernant, comme si je n'avais pas lu le roman précédent et c'était assez déconcertant. Je n'avais pas toutes les cartes en main pour la comprendre, ses réactions ne me semblaient pas cohérentes et je n'ai à aucun moment su m'attacher à elle. 

Une bonne lecture, une enquête prenante, avec malgré tout des choses qui m'ont moins convaincue. Un roman que je recommande à ceux qui apprécient les ambiances des polars nordiques. 


mercredi 2 septembre 2026

"Mör" de Johanna Gustawsson

 


Éditions Le livre de poche

Octobre 2025

395 pages

9.40€


Résumé :

Torvsjön, 16 juillet 2025. Sur les rives d'un lac, on découvre le cadavre dépecé d'une femme. Ses seins, ses fesses, ses cuisses et ses hanches ont été amputées.
Londres, le lendemain matin. La profileuse Emily Roy est appelée sur les lieux d'une disparition inquiétante : l'actrice Julianne Bell a été enlevée à l'aube et ses chaussures retrouvées à proximité de chez elle, emballées dans un sac de congélation. Ces deux crimes portent la signature de Richard Hemfield, le « tueur de Tower Hamlets », enfermé à perpétuité à l'hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor. Dix ans plus tôt, il a été reconnu coupable du meurtre de six femmes et de celui de l'ancien compagnon de l'écrivaine Alexis Castells. Comment alors expliquer que l'horreur recommence ?


Mon avis :

Après avoir adoré Block 46 en début d'année, j'avais hâte de retrouver les deux héroïnes Alexis et Emily.

Comme dans son précédent opus, l'autrice nous embarque dès les premières pages dans une enquête labyrinthique qui mêlent les lieux et les époques. Un récit glauque qui plonge le lecteur dans la noirceur la plus totale, dans les travers les plus sombres de l'être humain.

Emily et Alexis avancent dans ce tome avec leurs fêlures, les cicatrices de leur passé, des héroïnes blessées qui tentent malgré tout d'avancer dans l'adversité. Tout comme les autres femmes de ce roman à qui Johanna fait la part belle. Ce sont des femmes avec chacune un petit quelque chose qui les rend singulières, mais cela les représente encore plus fortes et armées face à ces hommes qui se pensent supérieurs. 

Cette enquête nous emmène cette fois-ci dans le Londres de la fin du 19e siècle où un certain tueur en série sème la panique dans les rues sombres de Whitechapel et encore une fois, j'ai adoré découvrir cette double temporalité et voir les pièces du puzzle démoniaque s'imbriquer. L'autrice n'épargne pas grand chose au lecteur avec cette histoire glauque et dérangeante au possible. Elle aborde des thématiques qui dépassent les limites du soutenable, mais elle le fait avec une plume magistralement maîtrisée, percutante, et tout est dans la suggestion, mais ça suffit à ce que l'imagination fasse le reste. Elle choque sans trop en faire, là est tout son talent, jusqu'à la fin que je n'ai encore une fois pas vu venir.

Du très bon thriller avec cette autrice que je continuerai à découvrir, que je conseille toutefois à ceux qui ont l'habitude d'en lire car les thématiques abordées peuvent être choquantes…

mercredi 26 août 2026

"The lonely man" de Noémie Dani

 


Auto-édition

Août 2026

350 pages

5.99€ (ebook)


Résumé :

Cole Ridge a fui sa vie après un accident qui l’a brisé. Ancien pompier rongé par la culpabilité, il se terre dans un ranch au fin fond du Montana, persuadé que l’isolement et la distance suffiront à le faire avancer. L’arrivée de Charlie, elle aussi marquée par ses propres cicatrices, vient bousculer sa routine solitaire. Derrière son sourire et son caractère affirmé, la jeune femme cache ses fantômes. Entre eux, les répliques claquent autant que les silences, et chaque rencontre éveille des sensations dont ils ne se pensaient plus capables.
Alors que le passé menace de ressurgir, un seul choix s’impose : fuir encore ou enfin vivre ?


Mon avis :

Je remercie Noémie pour sa confiance pour ce partenariat.

Une nouvelle histoire de cow-boy ? Absolument pas. Oui cette histoire nous plonge dans un ranch au cœur du Montana avec certains codes de la cow-boy romance, mais on découvre surtout deux personnages blessés, qui m'ont profondément touchée. Et je peux vous assurer qu'on rêve toute d'avoir un Cole dans sa vie.

Charlie retourne chez son oncle, dans le ranch où elle a passé ses étés afin de prendre du recul, se reconstruire après avoir vécu certaines choses difficiles. Elle retrouve des personnes qu'elle aime profondément, une found family qui l'aide à panser ses blessures et à retourner à l'essentiel. J'ai aimé cette jeune femme pleine de bienveillance pour les autres, solaire et pétillante malgré ce qu'elle a dû  endurer par le passé.
Cole lui s'est refermé dans sa coquille après avoir subi un accident qui l'a marqué à vie. Il s'isole car il pense ainsi qu'il ne blessera plus personne, à commencer par lui-même. Sa rencontre avec Charlie va le bousculer dans ses certitudes.

Leur rencontre, aucun des deux n'y était préparé, ni à ce que ça allait leur procurer ni à ce que ça va leur apporter. Au cœur de ce ranch, ils vont trouver bien plus que l'amour, ils vont trouver l'âme qui est capable de guérir la leur. C'était beau, tendre et ça se fait tout en douceur et en sensibilité. Ils apprennent l'un de l'autre, à vivre avec leur faille, et le plus important, ils comprennent qu'ils doivent se soigner eux-mêmes avant de pouvoir aimer quelqu'un d'autre. 

Noémie par la délicatesse de sa plume arrive à nous faire passer de belles émotions et de jolis messages de reconstruction, elle nous plonge dans ce ranch au Montana que l'on n'a pas envie de quitter une fois qu'on y a mis les pieds. J'ai également adoré tout l'aspect found family qui se dégage du roman et qui nous enveloppe dans un cocon. C'était une magnifique lecture, et je continuerai à manifester pour un spin-off ! 

lundi 24 août 2026

"La femme du médecin" de Fiona Sussman

 


Méra éditions

Juin 2026 (poche)

394 pages

9.99 €


Résumé :

Rien n'avait préparé Stan Andino à ce qu'il allait découvrir. Carmen, sa femme, répand de l'eau de Javel sur la moquette, prisonnière d'un comportement qu'elle ne maîtrise plus. Ce geste déroutant marque le début d'un bouleversement irréversible. Le diagnostic tombe bientôt : une tumeur cérébrale modifie sa personnalité et fragilise l'équilibre déjà précaire de leur famille. Pour tenir, Stan s'appuie sur ses amis de toujours, le médecin Austin Lamb et son épouse, Tibbie, liés au couple par une amitié ancienne faire de confiance et de souvenirs partagés. Mais lorsque Tibbie est retrouvée morte au pied des falaises de Browns Bay, la version de l'accident laisse place au doute. Les incohérences s'accumulent, les récits se contredisent, et la suspicion s'installe. La fragilité mentale de Carmen fait vaciller toutes les certitudes : est-elle simple témoin, victime d'une maladie qui brouille la réalité… ou porteuse d'une vérité plus sombre ? À mesure que l'enquête avance, les masques tombent et la frontière entre loyauté et trahison se trouble, tout comme celle entre maladie et manipulation.


Mon avis :

Je remercie les éditions Méra pour ce partenariat !

Un thriller psychologique plein de faux-semblants, de non-dits, et de manipulation. 

Deux couples diamétralement opposés et pourtant unis par des années d'amitié, mais tout bascule lorsque Carmen, une des épouses tombe malade, et lorsque Tibbie, l'autre femme du quatuor est découverte morte. 

Un thriller entre le psychologique et le domestique vraiment bien mené, porté par une plume addictive et entraînante qui fait que les pages se tournent toute seules. Le rythme est vraiment bon, l'autrice joue avec les rebondissements et les moments où ça s'étire plus en longueur sans que la lecture en pâtisse pour autant. 

Tous les personnages sont loin d'être parfaits, ils ont tous leur part d'ombre ou leur petit secret, et l'alternance des points de vue aide à y voir plus clair dans le jeu de chacun. Ce couple Tibbie et Austin, médecin de la ville, apprécié de tous, qui semble parfait, mais l'argent fait-il vraiment le bonheur ? Et Stan et Carmen, au quotidien plus difficile qui pèse sur le couple, et la maladie de Carmen qui rebat toutes les cartes. Derrière les apparences et les mensonges, qui est vraiment totalement innocent ?

Une bonne lecture qui m'a fait passer un moment vraiment agréable, un thriller accessible car on ne vire jamais dans le sanglant ou le glauque, un roman que je vous conseille si vous voulez passer un moment sans prise de tête !

lundi 17 août 2026

"Au-dessus des nuages" de Catherine Cowles

 


Éditions &H

Août 2025

374 pages

18.50 €


Résumé :

Revenir dans sa ville natale est un défi pour Everly. Affronter les souvenirs traumatiques laissés par son enfance brisée est déjà difficile, mais le regard méprisant de Hayes, le nouveau shérif, la pétrifie. À quoi s’attendait-elle ? Son propre père a enlevé la petite sœur du jeune homme, des années plus tôt, brisant plus d’une vie. Pourtant, elle croit également deviner dans ses yeux une lueur de désir qui la trouble et menace les barrières qu’elle s’efforce de maintenir entre eux. Alors qu’elle souhaite repartir de zéro, les ombres du passé se font plus oppressantes et angoissantes que jamais. Jusqu’où pourra-t-elle fuir avant que son histoire l’enchaîne à nouveau ?


Mon avis :

Une autrice que j'avais hâte de lire et ça a été une très belle découverte.

Everly est une jeune femme qui revient dans sa ville natale où elle va devoir faire face à son passé douloureux, mais elle souhaite avoir enfin le nouveau départ auquel elle a droit. J'ai adoré cette jeune femme courageuse, résiliente, qui ne baisse pas les bras, même lorsque tout semble se liguer contre elle. On sent toute la bienveillance qui émane d'elle, elle a à cœur de faire le bien, elle est soucieuse du bien-être des autres, et elle veut prouver qu'elle est différente de sa famille, et ne veut plus être associée à elle. 
Hayes, il partait mal, je dois le reconnaître. Au début, je l'ai trouvé intransigeant, obtus. Puis il va apprendre à voir au-delà de ses préjugés, et il va avancer, se remettre en question, et reconnaître ses erreurs de jugement. Je l'ai trouvé très intelligent par la suite dans l'appréhension et la lecture des émotions. 

La romance est belle et touchante. Rien ne prédestinait Everly et Hayes à être attirés l'un par l'autre, à commencer une histoire, mais tout se fait de manière si naturelle entre eux que c'était vraiment attendrissant. Il est également beaucoup question de l'amour familial, on ressent le lien qui unit les membres de la famille Easton, la famille de Hayes. Ils ont vécu le pire avec l'enlèvement de leur fille, malgré tout, ils ont su se relever et se reconstruire, c'est la famille où il y a énormément de tendresse entre eux, ils sont présents les uns pour les autres. Et Everly va pouvoir s'en rendre compte. 

J'ai adoré le contexte de la petite ville où tout le monde se connaît, et où le passé d'Everly est encore très présent, la toxicité de sa famille transpire à travers les pages du roman. Le côté suspense m'a beaucoup plu, même si j'avais deviné certaines choses, ça ne m'a pas du tout dérangée et gâché ma lecture. J'ai été embarquée du début à la fin, portée par la plume ultra addictive de l'autrice, que je relirai à coup sûr !



vendredi 7 août 2026

"La conjuration de Tokyo" de Cédrix Bannel

 


Éditions XO

Mai 2026

394 pages

21.90€


Résumé :

À Tokyo, un haut fonctionnaire international et sa femme sont assassinés. De la cocaïne est retrouvée à leur domicile. La police conclut à des meurtres crapuleux.
Kido, elle, n’y croit pas. Avec ses cheveux bleus et sa volonté de fer, l’enquêtrice − qui traque à l’ONU les délinquants financiers − soupçonne une conjuration machiavélique. D’autant que se profile l’ombre du Chat qui tranche, un mystérieux tueur, insaisissable. Pour qui travaille-t-il ?
Dans sa quête de vérité, Kido s’appuie sur sa mère, Sanae, qui connaît tous les bas-fonds de la ville, et sur l’étonnante Madame Satomi, bras droit d’un yakusa. Elle peut aussi compter sur Masaki, champion de sumo légendaire.
Le quatuor a cinq jours, pas un de plus, pour faire dérailler une mécanique implacable.


Mon avis :

Je remercie la maison d'édition pour cet envoi !

Dans ce roman, direction le Japon sous la plume de Cédric Bannel, auteur que je découvrais. Un roman qui m'a fait passer un bon moment, mais qui n'aura pas été non plus la lecture de l'année, pour des raisons qui me sont propres malgré tout.

Kido travaille pour l'ONU et elle va être appelée sur une scène de crime car c'est un de ses supérieurs qui vient d'être assassiné avec son épouse. À partir de là, elle va être entraînée dans un engrenage qui la dépasse, elle habituée aux affaires financières. 

Le roman se lit bien, très bien même. Le fait qu'il soit découpé en jour et qu'il se déroule sur un court laps de temps donnent un excellent rythme de lecture, bien aidé par la plume dynamique et incisive de l'auteur. Donc, vraiment aucun souci de ce côté-là. D'autant plus que l'auteur a une écriture assez visuelle, et on sent à travers ses mots tout l'amour qu'il a pour le Japon, ce pays, ces paysages, ces us et coutumes qu'il dépeint avec enthousiasme et profondeur.

J'ai été plus réservée concernant les personnages. Même si j'ai apprécié Kido, cette jeune femme atypique, qui se sent dépassée par les évènements, malgré tout, elle ne se laisse pas abattre, même lorsque tout se ligue contre elle, je dois reconnaître que les personnages dégagent assez peu de chaleur, et il m'a été difficile d'avoir de l'empathie pour eux. Je pense que c'est également dû à la culture nippone, assez réservée, on montre assez peu ses sentiments et ça m'a manqué, ressentir des émotions.

Concernant l'enquête, elle est bien menée et imaginée de la part de l'auteur, même si là encore, elle prend une direction qui, personnellement, ne me plaît pas plus que ça dans le genre du thriller. Ces machinations, ces jeux de pouvoir, je suis facilement perdue, et c'est quelque chose qui n'a pas ma préférence.

Un roman qui se lit bien, qui plaira à ceux qui aiment les thrillers trépidants, avec de l'action et des complots, mais j'avoue que de mon côté je suis restée un peu extérieure à l'histoire malheureusement.

mercredi 5 août 2026

"Alter egos" de Mélissa Bellevigne

 


Éditions Nox

Mai 2026

536 pages

19.90 €


Résumé :

Il faut parfois se perdre pour mieux se retrouver.

Holly et Jamie sont étudiants à l'Université d'Édimbourg. Meilleurs amis depuis l'enfance, ils partagent tout... ou presque. Car Jamie cache un secret qu'il n'ose révéler : il est fou amoureux de Holly. Alors qu'il s'enfonce dans un quotidien qu'il juge trop étroit, elle s'épanouit grâce à l'attention passionnée de son professeur de littérature, qui la pousse à écrire son premier roman.
Mais quand Wallace, un étudiant charismatique et créateur de contenu reconnu, propose à Jamie de l'accompagner dans un tour des châteaux d'Europe, celui-ci voit l'occasion rêvée de s'évader. Pour la première fois, Holly et Jamie prennent des chemins différents. Ce qu'ils ignorent, c'est que leur séparation aura des répercussions qui les marqueront à jamais. Pour le pire, ou pour le meilleur ?


Mon avis :

Il y a des romans qui, lorsqu'on les referme, on sait qu'ils vont nous marquer, s'ancrer en nous, et Alter egos en fait partie. Cette histoire, c'est une multitudes de petites choses, ces petits riens qui vous touchent en plein cœur.

C'est une histoire d'amitié, de résilience, d'amour en tout genre. Cette histoire, elle répare votre cœur qu'elle a elle-même abîmé. 
Holly et Jamie sont amis depuis l'enfance, leur amitié résiste à tout, elle traverse le temps, sauf qu'on comprend rapidement que Jamie est fou amoureux de Holly sans jamais avoir osé lui avouer, de peur de tout gâcher entre eux. Ces deux personnages là sont inoubliables.
Holly est singulière, elle ne ressemble à aucune autre fille. On a parfois du mal à comprendre ses réactions, à juste titre, mais pour moi, ça ne l'a rendue qu'encore plus touchante. Elle est dans son propre univers dans lequel Jamie est un des seuls à savoir pénétrer. C'est dommage que l'on ait pas plus de personnages atypiques comme ça dans les romances.
Jamie ferait fondre n'importe quelle fille. Il est présent, plein de tendresse, mais surtout, il est très attentif à tout ce que ressent Holly. Lorsqu'il prend la décision de s'éloigner, c'est parce qu'il pense que c'est le mieux pour elle. C'est le gars dont on rêve toutes de tomber amoureuse. Et pourtant, l'autrice montre que tout le monde peut faire des erreurs, c'est aussi ça être humain.

Ce roman m'a tellement bouleversée, par ses personnages, cette romance, mais surtout par la plume de Mélissa qui fait beaucoup. Pleine de tendresse, de poésie, de mélancolie, elle vous enveloppe dans une bulle de douceur par sa magnificence. Et je trouve qu'elle est en parfaite adéquation avec l'atmosphère qui se dégage d'Édimbourg. Elle aborde des thématiques avec sensibilité et bienveillance et je n'ai pu m'empêcher de verser des larmes face à certains évènements et tant les émotions sont prégnantes à travers ses mots.

Une lecture coup de cœur pour tout cet ensemble de choses, et c'est vraiment une autrice que je vous conseille de découvrir. 


jeudi 30 juillet 2026

"Skye" de Céline E. Nicolas

 


Éditions Black Ink

Novembre 2025

353 pages

19 €


Résumé :

Emmy, jeune community manager dans une prestigieuse maison d'édition new yorkaise, a pour principale mission de gérer l'image du vieux et prétentieux auteur, William Anderson, roi incontestable du thriller.
Au service d'une patronne tyrannique, noyée dans l'anonymat de cette ville et dévorée par la course effrénée à la performance, elle ne devient plus que l'ombre d'elle même.
Ce travail est pourtant la clé qui pourrait lui permettre d'aspirer à un meilleur emploi, elle doit encore tenir.
Alors qu'elle s'apprête à prendre ses premières vacances, l'éditrice l'informe qu'elle doit rejoindre William Anderson pour l'aider à saisir son manuscrit.
À sa grande surprise, l'écrivain n'est pas sur le sol Américain, mais en Écosse, sur la petite ile de Skye, où elle est accueillie par un homme aussi beau et mystérieux que le paysage qui l'entoure.
Son voyage lui réserve de nombreuses révélations auxquelles elle n'était pas préparée.


Mon avis :

Skye me tentait depuis sa sortie en autoédition, j'ai profité de cette magnifique réédition pour craquer, et je ne regrette absolument pas car j'ai passé un doux moment de lecture.

Emmy c'est cette jeune femme qui est arrivée à New York pleine de rêves et d'idéaux mais dont la réalité quotidienne est tout autre. Lorsqu'elle est envoyée sur l'île de Skye par sa détestable patronne à la place de partir en congé, elle n'y vas pas vraiment de gaieté de cœur. D'autant plus qu'elle s'attend à trouver un vieil écrivain, et que William est bien loin de ce qu'elle s'était imaginé. Malgré tout, même si elle n'est pas ravie d'être là, elle fait preuve de bonne volonté et décide de voir les choses du bon côté. Elle va débouler dans la vie de William comme un chien dans un jeu de quilles, un rayon de soleil dans le ciel orageux. 

Orageux, c'est exactement ce qu'est William. Il s'est exilé sur l'île de Skye afin de s'isoler et petit à petit on découvre que derrière ses airs d'ours mal léché, il cache une douleur incommensurable, un puits de souffrance sans fond dans lequel il est plongé. Ses cicatrices sont si profondément ancrées qu'il a du mal à s'en défaire. 

Cette romance m'a transportée du début à la fin. Premièrement, j'ai été charmée par le décor enivrant de cette île écossaise, l'autrice a une plume si visuelle qu'on s'y croirait. Puis il y a les thématiques abordées, qui m'ont surprise car assez peu mises en avant en romance. C'était bouleversant et ça m'a procuré beaucoup d'émotions au cours de ma lecture. 

J'ai adoré découvrir cette histoire, ces personnages et la plume de cette autrice, que je relirai avec grand plaisir !

vendredi 17 juillet 2026

"Langer" T1 de Remigiusz Mroz

 


Éditions Méra

Mai 2026

552 pages

19.99 €


Résumé :

Piotr Langer Jr. est l’archétype de la réussite : riche héritier, homme d’affaires brillant, toujours impeccable, toujours en contrôle. Mais ce que le monde ne voit pas, ou refuse de voir, c’est le vide derrière le masque. Langer est un tueur. Un prédateur. Un homme qui ne ressent rien. Pas d’amour. Pas de culpabilité. Pas de peur. Juste un besoin : dominer, manipuler, effacer. Depuis des années, il orchestre sa double vie avec une précision chirurgicale. Sa froideur est sa force. L’absence d’émotion, son meilleur camouflage. Jusqu’au jour où une femme entre dans sa vie. Nina. Elle est différente. Inattendue. Elle n’a ni le regard fuyant, ni les réactions programmées auxquelles Langer est habitué. Elle l’observe, le défie, résiste à son emprise. Et contre toute logique, elle l’intrigue. Ce qu’il ressent face à elle n’a pas de nom dans son vocabulaire, car pour la première fois, une fissure semble s’ouvrir dans son monde parfaitement étanche. Ce n’est pas de l’amour – il n’en est pas capable. Ce n’est pas de la peur – il la méprise. Et pourtant, elle bouleverse un équilibre millimétré bâti sur le vide. Curiosité ? Fascination ? Faiblesse ? Peu à peu, un jeu de pouvoir s’installe entre eux, un duel où l’arme la plus dangereuse pourrait être… l’émotion.


Mon avis :

Je remercie la maison d'édition pour ce partenariat !

Avec ce thriller, l'auteur nous plonge dans la psyché d'un serial killer et le moins que l'on puisse dire, c'est âmes sensibles, s'abstenir ! C'est dérangeant, brut, profondément malsain.

Langer passe pour un riche homme d'affaires lambda aux yeux de tous, mais sous la surface, se cache une tout autre personne. Un tueur froid et machiavélique qui utilise l'art du paraître et de la manipulation mieux que quiconque. Lorsqu'il rencontre Nina, son monde va vaciller, mais il ignore jusqu'à quel point.

J'ai trouvé ce roman assez déconcertant tout en étant fascinant. Je ne saurais dire si je l'ai aimé ou non tant j'ai ressenti d'émotions contradictoires au fil de ma lecture. Car l'auteur, bien qu'utilisant l'écriture à la troisième personne, nous immerge dans les pensées de son antihéros et c'est flippant. On ressent toute l'intelligence dont il fait preuve, sauf qu'il l'utilise pour ses envies de meurtre. On éprouve le besoin irrépressible que c'est pour lui de tuer. L'auteur ne nous épargne absolument aucun détail et c'est là que je fais de la prévention… Les scènes sont gore, très gore. Décrites de manière vraiment graphique, le lecteur n'est pas ménagé… De la torture, du V, de la nécrophilie au programme, et de façon suggéré de la nécrophagie et de la pédo… donc réellement, il faut être préparé à lire ce genre de choses.

Malgré tout, ce thriller est bien construit avec des rebondissements que je n'ai absolument pas vu venir et qui m'ont laissée bouche bée, je dois le reconnaître. L'auteur a parfaitement mené son récit, là où il voulait emmener le lecteur. La psychologie du personnage de Langer que j'ai trouvée réellement intrigante. D'autant qu'avec certains chapitres dans le passé, on découvre comment ce dernier s'est construit.

Un thriller gore, puissant, dérangeant au possible, qui nous met face à la cruauté humaine dans ce qu'elle a de plus animale. Un récit à la noirceur indescriptible qui plonge le lecteur dans l'horreur, porté par un antihéros et des personnages secondaires captivants. Et vu la fin, je suis très curieuse de découvrir le prochain opus ! 

vendredi 10 juillet 2026

"In my pistachio era" de Emily Collins

 


Collection &H

Mai 2026

474 pages

19.90 €


Résumé :

Juliette pensait repartir de zéro. Quitter Paris, son mec et sa vie bien rangée pour s’installer en Toscane. Son rêve ? Produire des pistaches, faire du yoga au lever du soleil, écouter Taylor Swift en boucle et s’inventer une existence douce et gourmande – à l’image de son tiramisu à la pistache préféré.

Jusqu’à ce qu’Orso entre en scène. Producteur d’huile d’olive au charme brut et au caractère bien trempé, il voit d’un très mauvais œil l’arrivée de cette Française qui ose bousculer les traditions. Entre eux, les piques fusent et les regards s’accrochent. Le courant ne passe pas, il crépite.

Quand un prestigieux concours les oppose, la guerre est déclarée : olives contre pistaches, tradition contre modernité, fierté contre désir. Et si l’amour, comme les meilleures recettes, naissait parfois des associations les plus inattendues ?


Mon avis :

La Toscane, ses collines typiques, ses champs d'oliviers, ses petits villages aux rues escarpées, ça fait clairement rêver et avec cette histoire, on se retrouve plongé dans ce décor inimitable, qui une fois qu'on y a mis les pieds capture notre cœur.

Avec cette histoire, vous aurez l'impression d'être en vacances, elle est parfaite pour la saison. Mais elle était surtout parfaite pour moi au moment où je l'ai lue, elle était exactement ce dont j'avais besoin. De l'amour, de l'évasion, de l'humour, une bulle de douceur qui fait du bien.

Deux personnages aux antipodes l'un de l'autre, mais tout aussi attachants. Juliette est cette Parisienne qui décide enfin de s'écouter et de prendre sa vie en main, sans faire pour une fois ce que l'on attend d'elle. Elle revient dans cette Toscane qu'elle a tant aimée étant petite aux côtés de sa grand-mère. Elle fait preuve de beaucoup de courage, elle ne baisse pas les bras, j'ai aimé ce caractère pugnace tout en étant à l'écoute des autres. 
Orso lui c'est cet Italien ténébreux, bougon à souhait, mais qui cache un grand cœur. Il est présent pour ce qu'il aime et il est d'une grande abnégation. 
Entre eux, c'est un peu la rencontre du feu et de la glace, Orso ne veut pas de cette nouvelle étrangère sur ces terres qu'il aime tant, mais Juliette n'est pas prête d'abandonner son rêve. 
Mention toute particulière aux personnages secondaires, Gianni, Giulia, et tous les autres qui sont de vrais rayons de soleil !

J'ai tellement aimé la manière dont la relation se construit. Patiemment, délicatement, comme la confection d'une focaccia ! Juliette va faire tomber les barrières d'Orso et lui va apprendre à voir au-delà de ses préjugés. C'était mignon, ça sent l'été, la dolce vita, et toutes les saveurs italiennes avec une plume entraînante, drôle et touchante. Est-ce que j'ai eu envie de prendre un billet d'avion pour la Toscane après avoir terminé ce roman ? Tout à fait ! C'est donc un pari réussi et cette lecture termine en joli coup de cœur ! 

mardi 30 juin 2026

"Ruin me, Ventis" de Tessa Wolf

 


Auto-édition

Mars 2026

522 pages

20.90 €

Résumé :

Au royaume de Vakestan, le prince héritier Bastien Alaric Drakenberg incarne à lui seul la puissance, la beauté et la terreur. Aux côtés de son père, il veille sur un royaume qu'il gouvernera un jour d'une main de fer, et cela pourrait le satisfaire... Mais depuis la fin de la guerre, le monde lui semble fade, peuplé d'êtres insignifiants et serviles. Rien ne l'émeut, rien ne l'atteint. Les batailles ont laissé place à un ennui que même le luxe et le pouvoir ne comblent pas.

Reyes Ventis n’aurait jamais dû survivre. Fille des traîtres d’Amarante, royaume ennemi, elle grandit à Vakestan sous le poids d’une faute qui n’est pas la sienne. Tolérée par la loi, rejetée par le peuple, elle apprend à se faire discrète et à encaisser.

Sa vie aurait pu être tolérable, si elle n’était pas empoisonnée par ce seul regret : avoir osé adresser la parole à l’ainé Drakenberg cette nuit-là, car il semblerait que son indiscipline ait éveillé en lui un intérêt cruel.


Mon avis :

Je remercie Tessa pour ce service de presse et la confiance qu'elle m'a une nouvelle fois accordée.

Si ce n'était pas Tessa qui avait écrit cette histoire, je ne l'aurais probablement pas lue, n'étant pas amatrice de romantasy. J'avoue qu'il m'a fallu un certain moment pour entrer totalement dans l'histoire, mais le final annonce un prochain tome explosif !

Reyes est une jeune femme à la vie compliquée. À Vakestan, elle est considérée comme une étrangère, mais dans son pays d'origine, Amarante, elle est la fille des traîtres… Elle tente de se faire sa place dans ce monde où elle ne se sent chez elle nulle part. Lorsque sa route croise celle de Bastien, ce prince ténébreux, ça ne va pas s'arranger. Je l'ai trouvée extrêmement touchante. Elle fait preuve de caractère et de courage lorsque la plupart des personnes s'effondreraient. Malgré tout, on ressent toute sa peine, sa solitude et son besoin de sécurité.
Bastien est ce prince destiné à devenir roi, sombre, qui ne laisse aucune place aux sentiments. Sa rencontre avec Reyes fait vaciller ses certitudes et il se retrouve perturbé par ce qu'elle fait naître en lui. Il est imprévisible dans ses réactions et ça le rend encore plus dangereux.

Cette relation, c'est un vrai slow-burn… Tessa sait parfaitement faire monter la tension, et ça m'a tellement frustrée !! Entre eux, c'est épidermique, magnétique, dès qu'ils se voient, ils sont autant attirés l'un par l'autre qu'irrités ! Ce sont surtout deux cœurs esseulés qui retrouvent dans l'autre ses propres blessures. La tension est omniprésente, même dans leurs silences… elle est même exacerbée dans ce qui est tu. 

Tessa aborde également des thématiques comme le racisme, le fait de ne se sentir nulle part chez soi, on ressent tout ce climat oppressant, inquiétant et violent à travers ses mots qui sont toujours soigneusement choisis. La plume de cette autrice, c'est comme une douce mélodie qui nous enivre pour mieux percuter notre cœur par la suite. Certains passages sont très sombres et violents, attention aux TW.

Un premier tome où il m'aura fallu du temps pour rentrer dedans, mais lorsque tout finit par éclater, la relation entre Reyes et Bastien, les intrigues politiques, les complots, j'ai été prise dans les filets du roman. Et vu la fin, le tome 2 promet d'être beaucoup plus dans l'action !

vendredi 26 juin 2026

"Une belle vie" de Virginie Grimaldi

 


Éditions Le livre de poche

Mai 2024

371 pages

8.90 €


Résumé :

Emma et Agathe Delorme sont soeurs. Elles ont grandi l'une contre l'autre, mais sont pourtant très différentes. Agathe, la plus jeune, bordélique et ardente, a toujours pris toute la place dans le bain, dans la chambre et dans le coeur d'Emma.

Après cinq ans d'un silence inexpliqué, Emma donne rendez-vous à Agathe dans la maison de vacances : Mima, leur grand-mère adorée, n'est plus, il faut vider les lieux et faire le tri dans les souvenirs. Les soeurs Delorme ont une semaine pour tout se dire et rattraper le manque de l'autre. Parviendront-elles à réparer le passé ?

Dans la beauté de cet été au Pays basque, où leur enfance cogne à la porte, résonne la force de leur histoire.


Mon avis :

Une fois de plus, Virginie Grimaldi nous offre une histoire entre rires et larmes, une histoire qui m'a touchée en plein cœur. 

Deux sœurs que tout semble opposer et qui sont pourtant liées par un passé douloureux qui les a marquées de manière indélébile. Et l'autrice arrive à mettre des mots si justes et précis sur cette relation fraternelle. Relation qui n'est pas toujours parfaite, parfois difficile tant les caractères sont différents et pourtant, on ressent tout l'amour et l'affection qu'il y a entre elles. Cet amour inaltérable qui défie tout.

Emma et Agathe sont tellement différentes. Emma est cette sœur aînée qui a toujours eu un poids trop important sur les épaules. Cette impression de devoir être forte pour tout le monde, quitte à parfois s'oublier soi-même. Et il y a Agathe, la cadette, celle qui est plus loufoque, qui a toujours paru déconnecter du monde, mais qui au fond, souffre tellement. Et malgré ces dissemblances, elles sont complémentaires et la perte de leur grand-mère adorée, cette semaine de vacances où elles se retrouvent font remonter des souvenirs, et elles vont pouvoir mettre à plat certaines rancœurs qui subsistaient entre elles. Je pense que quiconque qui a des frères ou des sœurs saura se reconnaître dans cette histoire.

L'autrice arrive toujours à aborder des thématiques fortes et touchantes comme le deuil par exemple tout en y ajoutant cette petite touche d'humour qui la caractérise. Avec ses romans, je ris, je pleure, ce sont toujours des histoires qui me procurent beaucoup d'émotions et c'est exactement ce que je recherche dans mes lectures. C'était une magnifique lecture qui s'est lue toute seule !

lundi 22 juin 2026

"17 ans plus tard" de J. P. Pomare

 


Éditions Mera

Avril 2026

422 pages

19.99 €


Résumé :

17 ans plus tôt, la Nouvelle-Zélande est ébranlée par le massacre de la famille Primrose. Très vite, les soupçons se tournent vers Bill Kareama, leur jeune chef cuisinier maori. Le procès est expéditif : Bill, qui clame son innocence, est reconnu coupable et condamné à une lourde peine de prison.

17 ans plustard, la podcasteuse de true crime Sloane Abbott décide de rouvrir l'affaire. Sans badge ni arme, elle n'a qu'un micro et une obsession : rendre la parole à ceux que la justice a abandonnés. Mais en découvrant l'affaire Primrose, un doute s'installe, un vide, une incohérence, un malaise impossible à ignorer. 

Peu à peu, les preuves s'effritent, les témoignages se contredisent, et les suspects changent de visage. Pourquoi Bill a-t-il avoué si rapidement ? Pourquoi certains éléments ont-ils été écartés de l'enquête ? La famille Primrose était-elle aussi parfaite qu'elle n'en avait l'air ? Chaque révélation rapproche Sloane d'un passé que certains feraient tout pour enterrer à jamais.


Mon avis :

Je remercie la maison d'édition pour cet envoi !

Dès les premières pages, l'auteur entraîne le lecteur dans une enquête qui lui fera se poser mille questions et le mettra dans un doute permanent et insidieux.

Grâce à une construction du roman faite de manière intelligente mais surtout addictive, on suit le point de vue de plusieurs personnages, ce qui nous permet de comprendre les tenants et les aboutissants de cette histoire, mais qui met encore plus le lecteur dans l'incertitude je trouve !

Sloane, un podcasteuse de renom, s'attaque à une grosse affaire criminelle néo-zélandaise, mais rapidement, elle se rend compte que l'enquête a été bouclée et le procès expédié, il subsiste toujours des zones d'ombres. C'est une héroïne décidée, volontaire, elle ne compte pas laisser tomber et j'ai apprécié sa pugnacité. 
Il y a tout un florilège de personnages autour d'elle, certains plus intéressants que d'autres, mais tous ont leur importance dans l'histoire.

J'ai grandement apprécié les chapitres flash-back sous le point de vue de Bill, car ils éclairent vraiment l'affaire et aident d'autant plus à mieux comprendre comment on en est arrivé au drame. 

C'est un thriller que j'ai vraiment adoré, prenant, tortueux, qui m'a amenée à faire énormément de théories (et n'en avoir aucune !). L'auteur aborde plusieurs thématiques intéressantes, notamment le racisme, et les inclut parfaitement dans son histoire. Jusqu'au bout, j'ai douté, si Bill était vraiment coupable ou pas, mais je ne vous dirai pas si c'est le cas ! En tout cas, un excellent roman que je recommande, qui m'a donné envie de découvrir les autres écrits de l'auteur. 

jeudi 18 juin 2026

"Run boy run" de Émily Kind

 


Éditions Plumes du web

Juin 2026

369 pages

18.90 €


Résumé :

Après la mort de son jumeau quand il avait douze ans, Naoya fugue à Tokyo et, pendant sept ans, s'abandonne à la violence des rues de la capitale. Jusqu'à ce qu'il soit contraint de quitter la ville pour se planquer loin des embrouilles.
De retour dans sa ville natale, sa grand-mère lui pose un ultimatum : il doit tirer un trait sur son passé peu recommandable et reprendre une vie normale.
Mais à peine arrivé à l'université, il tombe sur Manjiro Nanashima.
Manjiro Nanashima, le capitaine aussi insupportable qu'arrogant de l'équipe de volley.
Manjiro Nanashima, le garçon qui était fou amoureux de son jumeau disparu.
Le choc est brutal. Parce qu'aucun des deux ne s'est remis de la mort d'Akane. Parce qu'ils ne se sont jamais supportés. Et la situation ne risque pas de s'arranger quand l'insolence de Naoya le pousse a integrer l'équipe de volley de Manjiro...


Mon avis :

Plume découverte l'année dernière que j'avais adorée, j'ai décidé de découvrir mon premier MM avec Emily. Et ça a vraiment été une belle lecture, pleine de tensions et d'émotions.

Personnage présent dans son précédent roman, je savais que Naoya allait me bouleverser. De par son passé, ce qu'il a vécu, la perte de son frère jumeau puis cet engrenage plein de violence au cœur de Tokyo, on pense qu'il va pouvoir se reconstruire de retour dans sa ville natale. Mais il est toujours ce garçon qui flirte avec les limites, qui a ce besoin d'adversité et d'affrontement pour se sentir vivant, lui qui a laissé partir un bout de son âme en même temps de son frère. On le sent sur le fil du rasoir, et à tout moment, il peut basculer du mauvais côté. 
Puis il y a Manjiro, ce garçon pour qui Akane était tout. Son quotidien, son amour, son monde, et lorsqu'il regarde Naoyo il ne peut s'empêcher de voir le reflet de celui qui a disparu. On sent à quel point la situation est douloureuse pour lui.

Entre eux, c'est l'attirance qui fait mal, celle que l'on ne peut refreiner même si elle nous brise à chaque fois. Ils ont ce magnétisme, ce besoin irrépressible d'aller vers l'autre bien que ça les anéantisse. Nous sommes avec un vrai ennemies-to-lovers, dont la tension est constante, elle transpire à chaque page, et c'est un réel combat pour Manjiro et Naoya de ne pas succomber à l'autre. Mais, au-delà de l'intensité de leur attirance, ils sont surtout liés par une souffrance incommensurable dont l'un et l'autre n'arrivent pas à s'extirper. Avec les flash-back, on comprend pourquoi tant d'animosité et de haine entre eux, et c'est bouleversant.

Une romance psychologique douloureuse, avec la plume si addictive, imprégnante et dévorante d'Emily. Elle arrive à nous faire vivre des émotions d'une intensité folle et nous brise le cœur à certaines pages qui sont inoubliables. Une histoire impactante tant dans ses personnages que dans son style et sa force émotionnelle. Une romance que je n'oublierai pas.

jeudi 11 juin 2026

"Le cabinet des illusions" Enquête à Venise, 1907 de Jean-Luc Bizien

 


Éditions Maison Pop

Mars 2026

368 pages

19.95€

Résumé :

D’étranges incidents viennent perturber les répétitions de Chung Ling Soo, le légendaire magicien chinois. Dans les coulisses du Teatro Rossini, des ombres sans visage rôdent, les murs semblent respirer, murmurer et la scène réclamer le sang des intrus.

Pour Paolo, le vieux gardien, il n’y a aucun doute : le Fantôme de l’Opéra est de retour !

Alors, quand les cadavres commencent à s’accumuler, Chung Ling Soo disparaît… et William Ellsworth Robinson, maître de l’illusion et stratège hors pair, se révèle.
Face à lui, un ennemi insaisissable, un sorcier invisible qui transforme le théâtre en piège vivant. L’heure n’est plus au spectacle, c’est à un duel à mort que vont se livrer les deux adversaires.

Dans une Venise noyée de brume, où chaque masque peut dissimuler un monstre, William Elworth Robinson devra affronter bien plus qu’un fantôme… et percer un secret capable de le détruire.


Mon avis :

Je remercie la ME pour cet envoi surprise !

Le premier tome se déroulait à Vienne et je l'avais beaucoup apprécié. Ici, direction Venise, quelques années plus tard, où l'on retrouve la troupe du magicien qui se prépare pour de nouvelles représentations dans un célèbre théâtre.

Comme dans le précédent opus, j'ai vraiment passé un excellent moment avec cette histoire. 
Cette fois-ci, la troupe va se retrouver personnellement prise à partie. Et Will ne peut pas laisser passer ça. Il va tout mettre en œuvre pour découvrir qui s'en prend à eux et pourquoi.

Dès les premières pages, nous sommes plongés au cœur de cette intrigue et c'est là que tout le talent de l'auteur est mis en exergue car il réussit à happer le lecteur à ses premiers mots pour ne plus le lâcher. Il n'a pas son pareil pour conter ses histoires, mais surtout, on sent que c'est méticuleusement documenté, et historiquement très juste et véridique. Il arrive à nous plonger dans ces ruelles de Venise du début du vingtième siècle, à nous faire ressentir toute cette atmosphère et l'énergie de l'époque. 

L'enquête est bien menée, avec en élément central le célébrissime fantôme de l'opéra, et l'auteur en fait son interprétation. C'était vraiment très intéressant avec beaucoup de mystères, de rebondissements, des chemins sinueux et dangereux qui maintiennent l'intérêt du lecteur jusqu'à la toute fin. Il n'y a maintenant plus qu'à attendre le troisième tome pour retrouver le magicien et ses acolytes auxquels je me suis beaucoup attachée.